L’Ă©quipe “Agrifirme” organise le vendredi 5 fĂ©vrier un sĂ©minaire de recherche consacrĂ© aux agricultures de firme en Asie. (9h-13h30, Centre de recherches politiques de Sciences Po-Salle Lavau, 98, rue de lâUniversitĂ©, 75007 PARIS)
Le dernier rapport de la FAO fait Ă©tat dâune aggravation de la situation alimentaire mondiale. La croissance dĂ©mographique, lâurbanisation et la transition alimentaire figurent parmi les principaux dĂ©terminants de lâaugmentation de la demande. DĂšs les annĂ©es 1960, les pays du Sud, notamment ceux dâAsie, ont cherchĂ© Ă relever le dĂ©fi alimentaire en dĂ©veloppant de nouvelles pratiques agricoles plus intensives. Le constat du succĂšs de la RĂ©volution Verte pour les agricultures asiatiques est incontestable. Lâautosuffisance alimentaire atteinte, un certain nombre de pays asiatiques sont devenus des acteurs majeurs du commerce international de produits agricoles. Mais on connaĂźt aussi aujourdâhui les limites de la RĂ©volution Verte, notamment sur le plan environnemental (rarĂ©faction des ressources et pollution) et social (exode rural et appauvrissement).
Câest dans ce contexte que lâon observe deux nouveaux phĂ©nomĂšnes touchant les agricultures asiatiques : une financiarisation au travers des investissements des firmes et des Etats dans le foncier pour le dĂ©veloppement de cultures destinĂ©es Ă lâalimentation et/ou Ă la production de biocarburants ; et, une capitalisation accentuĂ©e liĂ©e Ă la construction de nouvelles filiĂšres de production intĂ©grant davantage les contraintes de lâindustrie alimentaire et destinĂ©es exclusivement Ă lâexportation. MĂȘme sâils restent apparemment limitĂ©s et concernent les pays de maniĂšre inĂ©gale, ces phĂ©nomĂšnes soulĂšvent trois questions :
- Peut-on mieux caractĂ©riser et quantifier le dĂ©veloppement dâune agriculture de « firme »?
-Pour quelles raisons certains Etats asiatiques investissent dans le secteur agricole par delà leurs frontiÚres ?
-Quels impacts sur des agricultures asiatiques encore aujourdâhui qualifiĂ©es de « familiales » ?
Peu dâĂ©tudes scientifiques ont a priori abordĂ© ces questions. Tenter dây apporter des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse pose un dĂ©fi conceptuel et mĂ©thodologique majeur. Il sâagit dâabord de construire un nouveau cadre analytique pour identifier non seulement de nouvelles formes dâagriculture mais Ă©galement pour comprendre la co-existence des diffĂ©rentes formes, anciennes et nouvelles. Il est ensuite nĂ©cessaire de disposer dâun dispositif de collecte des donnĂ©es spĂ©cifique et original dâun point de vue des indicateurs.
Ce séminaire de travail se donne comme objectifs :
- dâapporter des Ă©lĂ©ments factuels pour confirmer ce diagnostic des phĂ©nomĂšnes nouveaux touchant les agricultures asiatiques et parmi eux le dĂ©veloppement dâune agriculture de firme portĂ©e par des opĂ©rateurs non familiaux voire des fonds souverains;
-de faire un premier point sur, dâune part, les Ă©tudes existantes qui peuvent apporter un Ă©clairage supplĂ©mentaire, et dâautre part, les donnĂ©es disponibles ;
Plus largement, lâambition de ce premier sĂ©minaire tient Ă la volontĂ© de dĂ©velopper et capitaliser les connaissances autour de ce quâil convient aujourdâhui dâappeler les « agricultures de firme » et plus particuliĂšrement les formes dâexercice, dâorganisation et de gestion du mĂ©tier dâagriculteur qui y sont associĂ©es. Largement ouvert Ă la communautĂ© scientifique (chercheurs confirmĂ©s et Ă©tudiants), il fera Ă©galement une large place aux acteurs de la finance, de la profession agricole et de la presse agricole.
Il repose sur la mise en place dâun collectif de jeunes chercheurs ayant pour ambition dâidentifier et de caractĂ©riser les formes dâorganisations sociales et Ă©conomiques associĂ©es Ă lâagriculture de “firme” .
Avec la participation de :
Bertrand HERVIEU, Inspecteur gĂ©nĂ©ral de lâAgriculture-Paris
GeneviÚve NGUYEN, Maßtre de conférences en Economie-Institut National Polytechnique de Toulouse
Eve-Anne BULHER, Maßtre de conférences en Géographie-Université Paris 8
Jean-Marc PUEL, AssociĂ© dâun fonds dâinvestissement-Londres, auteur en 2009 de lâouvrage « Les fonds souverains – Instruments financiers ou armes politiques ? », Editions Autrement-CERI.
ÄĂ o Tháșż ANH, Agro-Ă©conomiste, Directeur du CASRAD (Center for Agrarian Systems Research and Development)-HanoĂŻ.
Contact : François Purseigle (purseigle@ensat.fr) et GeneviÚve Nguyen (nguyen@ensat.fr)


