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Sociologie rurale et des mondes agricoles

Cet enseignement a pour principal objectif de faire découvrir à un public, souvent d’origine urbaine mais également à des étudiants étrangers (formation n+i), les principales dimensions de la construction des identités professionnelles agricoles. Il est dispensé dans le cadre des enseignements du semestre 1 : cours n+i (étudiants étrangers) et Initiation Economique et Sociale/AESMAR (1ère année) ; des enseignements du semestre 4 : préspécialisation en sociologie ainsi que dans le cadre du Master recherche ESSOR.

Après avoir présenté en guise d’introduction les origines et fondements de la sociologie rurale, mon enseignement s’organise autour des quatre axes suivants :

Les mutations agricoles et rurales

Cet axe répond à la volonté de mettre en lumière les mutations fondamentales ayant touché l’agriculture française. L’approche socio-historique offrait l’occasion de présenter les crises agricoles et l’exode rural de la fin du XIXème siècle ainsi que les mécanismes qui président à la modernisation de l’agriculture française au cours du XXème siècle. Afin d’illustrer mon cours et de présenter plus aisément l’idéal-type des sociétés paysannes, cet enseignement s’appuie en partie sur la diffusion et l’analyse critique des films “Farrebique” (G. Rouquier, 1946) et “Biquefarre” (G. Rouquier, 1984).

Les rôles des O.P.A. dans les grandes transformations de l’agriculture du XXème siècle.

Le deuxième axe de cet enseignement s’articule autour du rôle joué par les organisations syndicales agricoles lors des mutations décrites dans le premier volet.

Mes travaux de recherche me conduisent à mettre particulièrement l’accent sur la trajectoire historique de la jeunesse paysanne et agricole, afin de dégager les éléments qui l’ont conduit à acquérir son identité sociale et professionnelle.

L’émergence d’une nouvelle identité professionnelle

Le troisième volet de ce cours analyse ce qu’il est communément admis d’appeler la crise de l’identité professionnelle agricole. Au-delà d’une simple description des dimensions de cette crise, cet enseignement est l’occasion de mettre en place des débats autour de questions d’actualité.

Récolte d'olives en Languedoc Roussillon

Agricultures et agriculteurs en perspective. Institutions, institutionnalisations, co-institutions : l’exploitation, la profession, la pratique

Ce quatrième axe propose aux étudiants une réflexion sur les évolutions de l’agriculture et des institutions que se sont donnés les agriculteurs, en partant de questionnements très simples : qu’est-ce qu’une exploitation agricole ? Qu’est-ce qu’être agriculteur ? Qu’est-ce qu’une activité agricole ? Ce cours permet de comprendre que ces notions ont évolué dans le temps et sont l’objet de luttes entre groupes à l’intérieur et à l’extérieur de la sphère agricole, de débats de société et que les identités comme les pratiques professionnelles agricoles sont sans cesse “travaillées” et “renégociées” par les évolutions et les attentes de la société envers son agriculture.

Cet enseignement de sociologie rurale fait écho au projet rédactionnel dans lequel je suis actuellement investi avec Bertrand Hervieu autour du manuel de sociologie des mondes agricoles que nous rédigeons pour les éditions Armand Colin (collection U). Ce projet a la volonté de revisiter les grilles théoriques et méthodologiques que l’on peut offrir aujourd’hui aux étudiants s’intéressant aux paysanneries du Monde.